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Ouvrage Frigostien - Le Jour d'après l'avalanche [Lorand Richemme]

le Dim 04 Juin 2017, 4:16 pm
Le Jour d'après l'avalanche - Lorand Richemme

Lorsque j'ai rejoint le village d'Anselvi - c'est ainsi qu'il se nommait avant l'avalanche -, les maisons sentaient encore la peinture fraîche. De toutes parts, les artisans et ouvriers qualifiés accourraient pour participer au grand projet du Comte Harebourg. On avait attribué à chacun un logement, ainsi que les outils nécessaires pour œuvrer dans les meilleures conditions possibles. Moi-même, j'avais hérité d'un petit chalet tout à fait confortable et d'un lot d'engrenages de très bonne facture.

C'est le Comte Harebourg qui avait financé la construction du village et de toutes ses installations. Il avait vraiment veillé à ce que tout soit parfait. Il disait que le confort des ouvriers améliorait leur productivité. Mais je crois surtout que ce grand homme était un philanthrope et que le bien-être de son entourage était primordial à ses yeux. Quoi qu'il en soit, les artisans lui rendaient au centuple ses marques d'attention. Il fallait les voir s'activer autour du chantier ! On aurait dit un essaim de Moskitos par une nuit de Joullier ! Ça bourdonnait dans tous les sens ! De mon côté, je me sentais plus motivé que jamais. J'avais une certaine expérience de l'horlogerie, mais jamais je n'avais travaillé sur quelque chose d'aussi grandiose. C'était très excitant !

Le village avait été bâti au pied du mont Torrideau. De cette manière, il était idéalement situé entre le chantier et les points d'approvisionnement en matières premières. Rien n'avait été laissé au hasard et nos efforts pouvaient être entièrement consacrés à la réussite du projet. Tous les jours, le Comte descendait en personne superviser les travaux. C'était le même rituel à chaque fois : il faisait le tour des ateliers, donnait ses ordres et en profitait pour nous féliciter chaleureusement. Du forgeron au charpentier, en passant par le poseur de rouages, chacun avait droit à son compliment et à sa petite tape sur l'épaule. C'était très gratifiant ! On se sentait utiles et appréciés. On avait le sentiment de participer à quelque chose d'extraordinaire, quelque chose qui allait peut-être changer la face du monde !

Hélas ! Seule la face de Frigost fut changée... et pas de la manière espérée. Lorsque le froid de Descendre s'abattit sur l'île, d'énormes quantités de neige s'entassèrent sur les pentes du mont Torrideau, juste au-dessus du village. Elles s'accumulèrent si rapidement qu'il ne fallut pas longtemps avant qu'elles menacent de s'effondrer.

À peine quelques minutes après le début de la Glaciation, on entendit au loin un bruit sourd et monstrueux, un rugissement qu'on aurait cru échappé des profondeurs du Tartare. C'était comme un tremblement de terre, un typhon sur la mer, un grand coup de tonnerre qui vient tout bouleverser... La secousse fut si violente qu'elle brisa le fragile équilibre qui protégeait nos têtes de l'inévitable : l'avalanche.

En un instant, des flots de poussière glacée se déversèrent sur nous, recouvrant tout sur leur passage. Au lieu de lave, le volcan semblait cracher des coulées de neige qui, en dévalant le versant, se transformaient en nuages de blizzard impitoyables. Très vite, nos hommes furent emportés, nos biens furent pulvérisés et nos maisons furent emprisonnées sous d'épaisses couches de glace.

L'avalanche avait été brève. Violente. Impitoyable. Et elle avait enseveli à jamais le village d'Anselvi.

Quand on survit à une telle tragédie, on met forcément du temps à s'en remettre. Les gens d'ici avaient tout perdu. Il avait suffi de quelques minutes pour que nos espoirs soient anéantis, balayés par des tonnes de neige. Mais le froid mordant de Descendre nous ordonnait de survivre. Il fallait qu'on réagisse tout de suite si l'on ne voulait pas mourir frigorifiés.

Les plus lâches prirent la fuite. Sans remords, ils abandonnèrent le lieu qui les avait accueillis à bras ouverts. Ils préféraient rejoindre le confort douillet de la Bourgade plutôt que d'assumer les conséquences de leur œuvre. Ce furent ceux-là qui par la suite accusèrent le Comte d'être responsable de tous leurs maux. Des hypocrites !

Les autres au contraire, s'attachèrent à déblayer les toits des maisons et réparer ce qui pouvait l'être. Ils avaient été sérieusement secoués, mais ils restaient néanmoins fidèles au Comte. Après tout, Harebourg n'était pas seul responsable de ce qui était arrivé. Ils avaient tous participé au projet. Et qui aurait pu prévoir la fâcheuse tournure que prendraient les évènements ?

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Non, moi j'crois qu'il faut que t'arrêtes d'essayer d'dire des trucs Invité. Ça te fatigue, déjà, et pour les autres, tu te rends pas compte de c'que c'est. Moi quand tu fais ça, ça me fout une angoisse... j'pourrais te tuer, j'crois. De chagrin, hein ! J'te jure c'est pas bien. Il faut plus que tu parles avec des gens.

Nathouille : si nous n'étions séparés par un réseau informatique je t'eus défié au champ d'honneur
ZiGGy : Tu peux me défier sur le chan #honneur


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